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  • Ils haïssent les riches.... Mais ils aiment le fric

     Le Président de la République François Hollande a créé une commission de rénovation et de déontologie de la vie publique.

    Cette commission est chargée de proposer les réformes pour répondre aux préoccupations exprimées par le Président dans une lettre, et de formuler toutes les autres
    > recommandations qu' elle jugera utiles. Elle remettra son rapport au Président de la République avant le 15 novembre 2012.

    > Voici la liste des membres de la commission :

    > M. Lionel Jospin, ancien
    > Premier ministre, est nommé président de la commission instituée par le présent décret.
    > Sont nommés membres de la commission :
    > M. Olivier Schrameck, président de section au Conseil d'Etat ;
    > Mme Chantal Arens, présidente du Tribunal de Grande Instance de Paris ;
    > Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ancienne ministre ;
    > Mme Julie Benetti, professeure à l'université de Reims ;
    > M. Jean-Claude Casanova, membre de l'Institut, président de la Fondation nationale des sciences politiques
    > M. Jean-Pierre Duport, préfet de région honoraire ;
    > M. Jean-Louis Gallet, conseiller à la Cour de Cassation, vice-président du Tribunal des Conflits ;
    > Mme Marie-Christine Lepetit, chef du service de l'Inspection générale des finances ;
    > Mme Wanda Mastor, professeure à l'université Toulouse-I ;
    > M. Ferdinand Melin-Soucramanien, professeur à l'université Bordeaux-IV ;
    > Mme Agnès Roblot-Troizier, professeure à l'université d'Evry ;
    > M. Dominique Rousseau, professeur à l'université Paris-I ;
    > Mme Hélène Ruiz-Fabri, professeure à l'université Paris-I.
    >
    Est nommé rapporteur général de la commission : M. Alain Ménéménis, conseiller d'Etat.


    > CE QU IL FAUT SAVOIR !

    > Monsieur Jospin sera rémunéré à hauteur de 122 000 euros pour ce travail difficile,
    > Madame Bachelot 92 000 euros et les autres auront 80 000 euros.

    > La presse bienveillante n’en parle pas… .

    > Mais ce n’est pas tout: Il est écrit dans le décret n° 2012-875 "La commission peut entendre ou consulter toute personne de son choix.
    Ces personnes nommées « Consultant » toucheront une indemnité de 35000 euros pour leurs conseils".
    > 34 ont déjà été nommés dont voici deux noms :

    Mme Sylviane Agacinski, philosophe épouse de Mr Jospin
    Mr Pierre Bachelot, fils de Mme Bachelot
    > La commission va coûter au contribuable : 2 444 000 euros sans compter les frais annexes de ces personnes.
    > Le " président normal " fait travailler ses copains et copines, pendant que vous, vous allez payer encore plus de TAXES et IMPÔTS.
    > Ceci illustre une fois de plus la politique de réduction du train de vie de l' Etat !
  • Peinture de Guerre 39-45.. Suite N°3

    Nous n’étions pas complètement uniformes, puisqu’il y avait des tabliers noirs et des tabliers gris, mais cela ne donnait pas l’impression de deux clans, car nous étions bien mélangés. Sur le grand tableau noir, la maîtresse avait écrit une longue phrase intitulée « Instruction civique ». Avec une longue baguette elle soulignait les mots qu’elle nous lisait en les martelant d’une voix claire, certainement pour qu’ils nous rentrent bien dans la tête. Tous les jours sans exception la matinée de classe commençait par la lecture d’une citation. Je compris plus tard qu’elle façonnait des citoyens.

     

    La journée se passa en distribution de matériel scolaire, j’eus une ardoise, des crayons, une gomme, un porte-plume avec sa plume Sergent-major et quelques livres en piteux état. Puis notre maîtresse alla chercher dans le placard une grande bouteille avec en guise de bouchon, une pipette recourbée. Elle entreprit de remplir nos encriers de porcelaine, encastrés dans les trous prévus à cet effet dans nos pupitres.

     

    — Regardez bien comment je fais, car nous allons nous partager les tâches et à tour de rôle vous aurez à remplir les encriers, pendant que d’autres seront chargés du poêle et d’autres de l’entretien de la classe. C’est normal que nous nous entraidions, et partagions tous ensemble la vie de notre école. Vous n’ignorez pas mes enfants que notre cher pays est en guerre et que bien des papas, bien des mamans, auront des sacrifices à accomplir bien plus difficiles, bien plus dangereux, et tout cela pour vous mes enfants pour que vous ayez une vie d’hommes libres et heureux. C’est l’heure, rentrez chez vous maintenant.

     

    Je rentrais tout pensif, son discours sur la guerre m’avait beaucoup touché. Je me demandais ce que papa et maman risquaient de faire pour moi de si dangereux et je m’en inquiétais.

     

    Tante prévoyait vraiment tout ! Elle avait acheté trois ou quatre feuilles de papier bleu pour couvrir les livres.

     

    — Ben dits donc, ils sont dans un drôle d’état. Y passeront l’année ? Tu as besoin d’y faire attention, car tu sais il n’y en aura pas d’autres.

     

    — Oui ma tante

     

    En un tour de main avec de la colle, une paire de ciseaux et le papier bleu, tante m’avait refait des livres magnifiques, j’en étais très fier et j’avais hâte d’en faire la surprise à ma maîtresse.

     

    — Après-dîner tu seras gentil d’écrire pour moi une lettre pour ce pauvre Léon. J’ai très mal à la main ce soir.

     

    C’est vrai que j’étais impressionné par les mains noueuses aux doigts déformés de ma tante. Elle avait tant travaillé et avait encore tant à faire. Souvent je la voyais se masser les doigts elle devait bien souffrir. Il fallait le deviner, car ce n’est pas elle qui vous l’aurait dit.

     

    — Bien sûr ma tante. Mais il ne faudra pas m’en vouloir, car je fais encore beaucoup de fautes.

     

    — Aucune importance, de toute façon il ne sait pas lire, c’est un camarade qui lui lira ta lettre et c’est cela le plus important.

     

    Tante avait bien nettoyé la table devant moi, sorti un grand cahier aux pages quadrillées, un porte-plume et une bouteille carrée d’encre waterman “bleu des mers du Sud ”.

     

    Investi d’une telle responsabilité les sentiments se bousculaient en moi, la fierté et le doute. Allais-je être à la hauteur d’une telle mission ?

     

    — Tu es prêt ?

     

    — Bien sûr ma tante !

     

    — Bon écris.

     

    Cher Léon,

    caisse que tu deviens ci loin de la maison. Fais attention de pas prendre froid, mais ton foulard, dis bien a ton chef que tu ne touche pas les fusils, tu sais pas, tu vas te blessé, di lui aussi que il faut que tu rentre a la maison, nous avons baucou de travail et ton patron aussi, ces le moment des béteraves et des pommes acidre. Je t’embrasse, Madame Laurent.

     

    Je séchais bien avec mon buvard et je relus la lettre à haute voix. Tante hochait la tête à chaque mot comme pour acquiescer.

     

    — C’est bien, je te remercie. Demain tu mettras la lettre dans la boîte à côté de ton école.

     

    Maintenant tout allait bien, un mois déjà d’école et j’étais ami avec tous les enfants, le jeudi nous nous retrouvions en bande de quatre ou cinq et nous inventions pleins de jeux. Notre grande passion du moment c’était la fronde, les copains m’avaient appris à la fabriquer, je n’en revenais pas de l’utilité de ce fabuleux engin. Une simple fourche de coudrier, deux bandes découpées dans une chambre à air et un bout de cuir coupé dans une lanière ou bien une languette de chaussure et voilà une arme redoutable. En cette période, nous faisions des concours de démolition de tasses. Ce sont ces isolants en verre qui étaient sur les poteaux électriques et téléphoniques. C’est suffisamment haut pour exiger une certaine adresse. Le jeu consistait à casser le plus de tasses avec un nombre égal de cailloux. On ne s’en lassait pas !

     

    Le beau château de La Chapelle avait été transformé en séminaire pour jeunes curés, la vocation ne manquait pas à cette époque. Nous ne savions rien de ce qui se passait derrière les hauts murs du château. Aussi nous avions fait le choix parmi nos jeux de prédilection, de surveiller la promenade des jeunes séminaristes, qui avait lieu le jeudi heureusement. Ils sortaient par le grand portail, marchand deux par deux en une grande colonne noire, en effet ils portaient soutane, chapeau rond à larges bords et grosses chaussures noires. Ils étaient bien une bonne soixantaine, encadrés par des supérieurs à la mine austères. Nous n’aurions pas voulu les avoir comme maîtres d’école. Cachés derrière les haies nous attendions leur passage. Ils marchaient tête basse en marmonnant. Arrivés à notre hauteur nous nous levions et les invectivions de puissants :

     

    — Croa ! Croa ! Croa !

     

    Les supérieurs nous fusillaient d’un regard haineux dont nous n’avions cure, quant aux jeunes les pauvres ils subissaient nos sarcasmes sans brocher. Ce n’est que quand la colonne tirait à sa fin que nous pouvions nous amuser vraiment. Les derniers moins encadrés pouvaient avoir moins de retenues. Alors commençait entre nous une bataille exemplaire à coup de cailloux. C’est qu’ils tiraient bien ces bougres, et bien souvent, ils nous touchaient. Même sous la pluie de pierres, ils souriaient. Ceux-là au moins avaient grâce à nous réussi leur sortie.

     

     

     

    J’étais ravi de mon école et de ma maîtresse. Elle était si douce, si gentille avec nous pourtant bien des jours nous ne la ménagions pas, mais elle savait garder un tel calme que son attitude l’emportait sur notre déchaînement. Elle savait donner les bonnes punitions, pas de piquet imbécile et inutile, non, dix fois un verbe mal conjugué, une dizaine d’opérations, ou une page du cahier de textes à recopier sans fautes et bien écrit. L’un ou l’autre était toujours profitable. Je faisais de gros progrès et j’avais de bonnes notes. Tante était ravie. Elle m’obligeait à écrire à mes oncles et tantes à Paris pour donner de mes nouvelles et faire-part de mes notes. Tante Jeannette y tenait paraît-il beaucoup.

     

    Les réponses à mes lettres à mes parents se faisaient de plus en plus attendre, la censure militaire se faisait plus pesante chaque jour, je m’inquiétais de ce silence et bien des soirs je confiais en pleurant mon chagrin à mon nounours. Mais la vie reprenait. Les activités de la maison plus l’école ne me laissaient guère le temps de m’apitoyer sur mon sort.

     

    Les vacances de Noël approchaient, cette perspective rendait la classe encore plus nerveuse et moins attentive. Je crois que notre maîtresse l’avait bien compris, aussi elle avait un peu relâché la bride. Moins de grammaire, de dictées, de calcul. Maintenant elle nous lisait des contes ou nous relatait l’histoire de France de façon anecdotique et passionnante. Le temps s’écoulait agréablement.

     

    Comme nous nous connaissions beaucoup mieux garçons et filles, nos rapports étaient plus libres, moins crispés. Au fond de notre cour il y avait deux maisons séparées par un petit passage mitoyen qui faisait comme un couloir, quand on s’y glissait on était à l’abri de tous regards. Je voyais bien certains jours des copains et copines s’y faufiler, mais je n’étais pas convié. Pourtant un matin une des filles me prie par la main en m’entraînant

     

    _Viens Maxime, viens t’amuser avec nous, nous allons te montrer.

     

    Je me demandais bien à quoi ils jouaient. De toute façon, il y avait longtemps que je voulais savoir, je n’allais pas refuser. Je me faufilais derrière elle dans le petit couloir. Il y avait déjà deux amies et deux de mes bons camarades.

     

    — Allez Maxime ouvre ta braguette et fais voir ton zizi aux filles

     

    J’ai cru que le sol se dérobait ! Je me sentis devenir tout rouge, sûrement écarlate. Impossible de prononcer une parole.

     

    Mes amis, filles et garçons éclatèrent de rire. C’est sûr, j’allais mourir de honte !

     

    Regardes idiot ce n’est pas difficile, ici a la campagne nous avons l’habitude. Joignant le geste à la parole mes camarades baissèrent leurs pantalons exhibant fièrement aux yeux des filles leurs attributs de garçon. J’agrippais fortement ma ceinture de peur qu’on ne me l’arrache. Dans ma panique je n’avais pas tout observé, je mis quelques secondes pour m’apercevoir que les filles avaient soulevé leurs jupes et baissé jusqu’aux genoux leurs culottes. Je n’avais jamais vu de sexe de fille. Alors là, premier mouvement de panique ! Quoi pour avoir une fille on leur coupe le zizi ! Cette fente béante c’est une cicatrice. Toutes ces révélations en un instant me laissaient abasourdi, appuyé contre le mur je ne réagissais plus, mes oreilles bourdonnaient. Pendant ce temps les garçons caressaient doucement les filles, elles aussi leur rendaient ces caresses. Il me sembla que le zizi du plus vieux des garçons avait changé de forme. C’était sûrement le trouble qui s’était emparé de moi. Heureusement, la cloche sonnait, je me précipitais en classe. Jusqu’à la fin de l’après-midi, je restais songeur, je me mis à penser aux sexes des filles, je n’avais pas bien compris, mais je commençais à admettre que cela était assez joli, je serais moins sot la prochaine fois et je m’en approcherais de plus près. J’étais sur la voie d’une complète guérison.

     

    De toute façon, je décidais de demander dès ce soir des explications à ma tante. Je lui faisais confiance en toute chose. Sur le chemin du retour je ne participais pas aux jeux habituels, courses, disputes, bagarres, je marchais songeur toujours un peu bouleversé, mais surtout curieux et intrigué.

     

    Tante m’avait préparé une grosse tartine que maintenant j’aimais beaucoup. Tante les beurrait d’une épaisse couche de bon beurre qui avait ce goût de noisette merveilleux, puis elle saupoudrait le tout de chocolat en poudre. Un vrai délice.

     

    — Mets tes sabots, je t’attendais pour aller faire l’herbe aux lapins.

     

    Mais ils mangeaient tant que cela, ces sacrés lapins.

     

    — Et quittes ton tablier d’école, on ne va pas en acheter un tous les jours.

     

    Sûrement pas, bientôt, nous allions apprendre à faire durer toute chose. C’était malheureusement pour d’en pas longtemps. Mais nous étions incapables de le prévoir.

     

    Tout en ramassant l’herbe, je me demandais comment j’allais m’y prendre pour questionner ma tante sur un sujet qui m’apparaissait avec le recul bien scabreux. Avant la veillée j’avais bien le temps de m’y préparer. L’immense sac était plein, nous le chargeâmes sur notre remorque que l’oncle Jean qui était très bricoleur nous avait fabriquée. Elle avait de grandes roues aux pneus pleins et les côtés étaient habillés avec de hauts panneaux de contre-plaqué, ce qui lui donnait un grand volume de chargement. Elle était vraiment très pratique et utile. Rentré chez nous comme tous les soirs il restait à nourrir les lapins et la basse-cour. Ce soir-là, tante voulut m’apprendre à scier le bois, elle avait prévu que cette tâche me serait réservée, car elle avait besoin d’être soulagée dans son travail. Je craignais que ma tante ait deviné que je voulais lui parler, car je voyais bien qu’elle faisait tout pour retarder notre retour dans la maison.

     

    Moi si bavard d’habitude, ce soir je ne disais mot. Je regardais ma tante m’expliquer comment on mettait une bûche sur le chevalet, comment mettre son pied gauche sur la bûche pour bien la caler et tenir bien droite sa scie avec une bonne position des mains afin d’imprimer a la lame un va et vient très droit sinon la lame finissait par se coincer. Voyant faire ma tante qui avec aisance et sans effort tombait bûche après bûche, je me dis que vraiment elle avait bien fait de faire appel à moi.

     

    — As-tu regardé ? Veux-tu essayer ?

     

    — Bien sûr ma tante

     

    Il était bien haut ce chevalet, où alors mes jambes étaient trop courtes, j’avais l’impression de faire le grand écart. Et cette grande scie en bois si légère dans les mains de ma tante, voilà qu’elle pesait plus qu’il ne fallait.

     

    — Avance ta bûche sinon tu vas te cogner les mains sur le chevalet en sciant, et ça fait très mal.

     

    J’avançais mon bois et bien campé sur ma jambe droite je commençais à scier. La lame tressauta plusieurs fois avant d’entamer le bois. Enfin, elle mordit franchement, j’accélérais le va-et-vient décidé à montrer à ma tante de quoi j’étais capable. La manœuvre devenait de plus en plus pénible, la scie refusait de revenir vers moi. Je tirais de toutes mes forces, elle voulut bien fonctionner une où deux fois encore puis plus rien. Elle était coincée et tous mes efforts étaient vains.

     

    — Je t’avais bien dit de tenir ta lame bien droite, c’est la seule façon de faire. Attends un peu.

     

    Tante s’approcha, mit ses deux mains sur le bout de la bûche et appuya fortement libérant la scie.

     

    — Allez, essaye maintenant, ça va venir.

     

    Effectivement, tout redevint simple et je terminais mon travail. Je n’étais pas fier et j’avais mal aux mains. Je n’en dis rien à ma tante.

     

    — On reprendra demain. « C’est en forgeant qu’on devient forgeron ”

     

    On mit le bois à l’abri dans la remise et nous rentrâmes à la maison.

     

    — Tu vas faire ta toilette.

     

    Elle installait une grande bassine en zinc au milieu de la cuisine et la remplissait à moitié d’eau bien chaude.

     

    — Allez dépêche-toi de te déshabiller et rentre-la dedans.

     

    Je restais debout les jambes dans l’eau chaude, jusqu’au mollet, tante alors prenait sa grosse éponge et doucement commençait par faire couler de l’eau sur tout mon corps. Puis avec son pain de savon de Marseille, elle me savonnait jusqu’à que je sois devenu une grosse mousse de savon. Alors, elle frottait énergiquement avec son éponge, si vigoureusement que je devenais tout rouge. Le plus pénible c’est quand elle me nettoyait les oreilles, elle farfouillait avec ses doigts j’avais peur qu’elle ne me crève le tympan. Pour me rincer elle prenait une petite casserole qu’elle remplissait d’eau chaude et versait doucement sur tout le corps. Une fois bien frictionné et confortablement vêtu d’un pyjama tout propre, je me savais tranquille pour quelques jours. De toute façon, ce n’est pas moi qui rappelais cette nécessité à ma tante. Malheureusement, elle y pensait d’elle-même.

     

    Le dîner achevé nous nous étions installés comme tous les soirs devant la cheminée, le soir il ne restait qu’un petit feu que tante entretenait en remuant les braises avec son pique-feu. Bobette toujours hargneuse était installée sur les genoux de ma tante et Mirza avait pris l’habitude de se coucher près de moi la tête posée sur mes jambes. Je la caressais, et surtout la grattais derrière les oreilles. Elle adorait ce genre de caresses.

     

    — Ma tante, je voudrais te demander quelque chose, c’est un peu ennuyeux, tu ne me gronderas pas ? C’est quelque chose qui m’ennuie et j’ai besoin de comprendre.

     

    — Pourquoi veux-tu que je te gronde parce que tu as besoin de comprendre quelque chose ? C’est normal de demander à ses parents et pour l’instant c’est moi ta famille et tu dois me faire confiance.

     

    C’est incroyable comme tante comprenait les choses et savait vous mettre à l’aise. Je me sentais libéré, en confiance, et je n’avais plus honte devant ma tante.

     

    — Ben voilà. Des parents ont un petit garçon, ils sont très déçus parce qu’ils voulaient une fille, alors comment font-ils ?

     

    — Non, mais c’est quoi ta question ? Ils ont un petit garçon et ben ils sont très contents et s’ils veulent une fille, ils recommenceront sans pour cela être sûrs d’avoir la fille. Car tu sais dans ce domaine on ne choisit pas c’est comme ça, on a une fille ou un garçon.

     

    — Alors, les garçons naissent garçons et les filles naissent filles ?

     

    — Mais où veux-tu en venir ? Je ne vois pas comment mieux t’expliquer. Tu ne sais rien de plus sur les naissances ? Et bien ici à la campagne, tu apprendras vite, car nous n’en faisons pas mystère.

     

    — Je sais ma tante, ils me l’ont déjà dit à l’école

     

    — Ah ! Je leur fais confiance, ils ne sont pas les derniers. Et pourquoi cette angoisse au sujet des filles et garçons ?

     

    — Comme ça ma tante, juste pour comprendre. Je n’avais jamais eu de camarades filles j’étais dans une grande école ou il n’y avait que des garçons. Papa et moi, nous n’avions jamais parlé de tout ça.

     

    — Bon ne te met pas Martel en Tête avec tout ça, t’as tout ton temps. Allez oust.. Au lit maintenant, faut dormir.

     

    Je me glissais à ma place, le long du mur. Je serrais nounours sur mon cœur et lui parlais de papa et maman, ce sujet-là trop précieux et intime je n’en parlais qu’à lui. Mais le sommeil ne venait pas, je revoyais sans cesse les petites culottes blanches baissées jusqu’aux genoux et les petites fentes qui m’avaient tant intriguées. Tout à coup je me mis a sourire une pensée venait de me traverser l’esprit, plutôt une image. Je voyais les petites fentes comme des tirelires je trouvais l’image amusante, cette pensée me poursuivait, mais pourquoi ? Je cherchais la relation de cause à effet, mais oui ! S’il y a tirelire, il y a trésor !

    Je me suis endormi apaisé me faisant la promesse que plus tard, je les chercherais avec ardeur.

     

    Le lendemain, les deux récréations se passèrent, sans que mes amis m’invitent à venir dans le petit recoin. J’étais très déçu.

     

    En rentrant le soir, tante me monta une enveloppe, toute couverte de cachets et de tampons.

     

    — Tu veux bien me lire cette lettre ?

     

    — Oui, ma tante.

     

    Elle arrive de l’armée ou est Léon.

     

    — Lis, lis vite...

     

    Madame, en tant que tutrice du soldat Léon Aubert, nous vous informons que ce dernier passera en conseil de réforme le... nous vous tiendrons au courant....

     

    — Que je suis heureuse, tu vois ils vont le relâcher ce pauvre Léon. Bientôt il sera là avec nous.

     

    — Noël c’est bientôt, crois-tu Maxime, qu’il sera arrivé ?

     

    — Tante, comment veux-tu que je sache ? Je ne sais pas ce qu’ils font les militaires. Je ne sais même pas ce qu’ils ont fait de mon père dont je suis sans nouvelles.

     

    — Tu as raison mon chéri, du reste, demain faudra faire une longue lettre a ton papa et a ta maman. Eux aussi doivent être bien tristes sans leur petit garçon.

     

    — Allez restons pas là, mets tes sabots.

     

    Ces quelques mois étaient passés très vite, entre l’école, l’apprentissage des travaux à la campagne qui se succèdent et ne s’arrêtent jamais. Nous avions aussi fait provision de noisettes pour l’hiver le long de nos chemins qui abondent de beaux noisetiers. Tante m’avait aussi emmené en forêt à la saison des champignons. Non seulement elle m’avait appris à les connaître, mais aussi à les cueillir sans compromettre la prochaine récolte. Elle connaissait l’heure où l’on trouve les tout petits bolets tête de nègre, ceux qu’elle affectionnait pour faire ses conserves. J’étais émerveillé par toutes les richesses que ma tante se procurait dans notre forêt. Je n’étais pas au bout de mes découvertes. 

    Puis l’automne était arrivé doucement, insidieusement comme pour ne pas nous effrayer et nous préparer sans heurts à l’hiver. Chaque espèce de nos arbres à sa manière saluait la fin des beaux jours et leur merveilleuse chevelure verte refusant la terne mort, laissait exploser un bouquet final flamboyant et coloré, jusqu’à ce qu’une mauvaise bise les arrache et les précipite sur le sol humide de la forêt. Tous ces cycles m’avaient fasciné.

     

    C’est vrai que c’était bientôt Noël, sans papa ni maman à cette pensée mon cœur se serrait. Depuis plusieurs semaines il faisait grand froid, mais je m’étonnais en découvrant la glace sur les mares, le givre au petit matin qui scintillait sur le bois dénudé de nos arbres et recouvrait d’un manteau blanc éphémère l’herbe de nos prés. Ce que j’avais le moins apprécié, c’était que cette période bien froide était propice au ramassage des pommes à cidre, comme l’on s’entraide beaucoup dans nos campagnes, tante m’emmenait aider de ferme en ferme. Ce travail pénible commence comme tous travaux des champs très tôt le matin, les pommes gaulées tombent dans la rosée blanche et là courbé, les doigts gourds on remplit des grands paniers tressés en fil de fer, qui une fois pleins pèsent dans les trente kilos, qu’il faut traîner jusqu’au tombereau. J’avais beau souffler dans mes mains, battre mes épaules ou bien les réchauffer sous mes aisselles, rien ni faisait, une fois l’onglet installé faut faire avec. Pour tout ce dur travail, nous recevions deux tombereaux de pommes avec lesquelles nous faisions notre cidre pour la saison.

     

    Comme cela de travaux des champs en travaux scolaires les mois passaient et je me transformais en petit paysan, je dénotais de moins en moins dans le paysage rural et je sentais bien que ces changements étaient appréciés de tous. Mes relations avec le village s’en trouvaient nettement améliorées. Mon enfance m’avait très tôt habitué à de rapides adaptations, je mettais ici cette expérience en application.

     

    Dernier jour d’école et puis les vacances. La journée allait nous paraître bien longue, aussi l’atmosphère était électrique, et mademoiselle Colas avait bien du mal avec sa trentaine de garnements. Elle avait laissé s’éterniser les récréations et le peu de classe avait consisté en jeux et rires de toutes sortes. Bien avant l’heure elle nous avait souhaité de bonnes fêtes pour nous et nos familles et nous avait donné rendez-vous pour début janvier en nous promettant une bonne année scolaire et en espérant que nous retrouverions bientôt nos papas qui étaient au front. Elle parlait toujours de nos soldats avec beaucoup de tristesse dans la voix.

    La sortie de classe fut une bruyante bousculade, les petits fauves étaient lâchés.

    Noël approchait et en moi une grande angoisse se développait, je pensais sans cesse à mes parents. Pendant ces quelques mois, tous ces changements, toutes ces nouveautés m’avaient occupé l’esprit. Il me fallait attendre le soir quand dans le grand lit je serrais mon nounours contre moi pour penser à eux, me sentir tout malheureux de leur absence et bien souvent pleurer en silence. Maintenant je n’arrivais plus à me consoler et je ressentais comme une douleur oppressante dans ma poitrine. Tante m’observait. Je savais qu’elle comprenait, mais comme toujours elle savait quoi faire. Pour l'instant, c’était de ne rien dire, ne pas me questionner et respecter ma peine.

     

    — Tu ne veux pas aller jouer avec tes camarades, je les vois qui rôdent autour de la maison ?

     

    — Non ma tante, je suis bien ici avec toi. Je préfère jouer avec Mirza et je vais écrire à mes parents et à tante Jeannette.

     

    — Voilà une bonne idée, on fera aussi une lettre à l’officier de ce pauvre Léon, j’ai bien peur qu’il ne soit pas là pour Noël. Dis-moi Maxime, as-tu déjà posé des pièges pour attraper les merles ? L’hiver il y a beaucoup de merles et des grives, et crois-moi, ils sont bien bons à manger ces petits oiseaux-là.

     

    — Non, ma tante. Tu crois que je saurais moi aussi les attraper ? Comment fait-on 

     

    — On leur met un peu de sel sur la queue.

     

    — C’est tout, et on peut le prendre.

     

    Tante riait tout son saoul. Elle aimait me taquiner.

     

    — Mais non grand nigaud, c’est pour rire. Pour ça il y a des petits pièges, j’en ai quatre ou cinq dans la remise, mais demain à Sées nous irons chez le quincaillier et je t’en achèterais six tout neufs. Maintenant que le froid arrive peut être même la neige, ce sera le bon moment.


  • le vote des étrangers....

    Le droit de vote aux étrangers

     

    Tout ce cirque, pour obtenir à un moment donné la majorité des 3/5ème au Sénat

    et confirmer la loi sur le droit de vote aux étrangers sans passer par un référendum

    qui donnerait lui, un succès écrasant de rejet !!!

    Personne en France ne veut de cette loi, sauf l’ensemble des journaleux et bobos bien pensants vendus aux ‘’vertus’’ bienfaisantes du vert étendard  ! 

     

    Merci, merci encore de prendre quelques minutes pour transmettre à tous vos contacts.

     

    La lettre de François HOLLANDE arrivera prochainement dans nos boîtes.

     

    Merci de  renvoyer cette lettre sans l'ouvrir ;

     

    16 860 685 enveloppes, qui lui reviennent, ça fait désordre !


    La procédure est simple pour un retour à l'expéditeur


    1/ Ne pas ouvrir le courrier
    2/ Inscrire en toutes lettres : RETOUR à L'EXPEDITEUR
    3/ Déposez votre lettre, sans affranchissement supplémentaire, à la poste qui se chargera de la retourner à l'envoyeur

    4/ Pour un franc succès, faites passer le message autour de vous, par téléphone, e-mail, internet, etc.
    5/ Inutile de motiver votre renvoi, IL comprendra...


    Faites suivre … Si vous voulez bien

     

    MERCI

     

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